Tác giả : Louis MALLERET
Bài viết được đăng vào năm 1946 tại Le
bulletin de la société des Etudes Indochinoises, Sài Gòn. Đây là phần 1 của bài.
La minorité cambodgienne de Cochinchine
Si j’ai choisi de vous parler des
Cambodgiens de Cochinchine, c’est qu’il m’a paru nécessaire de réagir contre
des simplifications qui, ne tenant pas compte des conditions historiques, font
également bon marché des droits d’importantes minorités ethniques.
Certes, la Cochinchine est loin de
présenter la diversité de peuplement de la Haute-région tonkinoise, des confins
laotiens ou des plateaux de l’Indochine centrale, communément désignés sous le
nom d’hinterland Moï. On relève, cependant, sur le territoire des Bouches du
Mékong , l’existence de plusieurs minorités formant des groupes tantôt
compacts, tantôt sporadique, et possédant une culture ou des aspirations qui
leur assignent des traits originaux. Si le droit nouveau est de promouvoir dans
le monde, le respect de la personnalité des peuples faibles, combien alors le
devoir nous apparaîtra grand d’accorder à ces groupement épars, l’attention que
réclame leur isolement moral !
Je ne citerai ici, que pour mémoire, les
îlots de population Moï, Stieng, Ma, Mnong, des confins septentrionaux ou
orientaux de la Cochinchine, encore que ces communautés, tantôt errantes,
tantôt sédentaires, représentant très probablement, des restes d’anciens
occupants du sol, ayant dominé numériquement, à une époque reculée, dans tout
le Delta. Leur personnalité tend à s’atténuer, au contact de la masse annamite,
comme a disparu celle d’un important noyau Cham de la région de Tây-ninh. Mais,
dans la province de Châu-dôc, on trouve encore, un groupement remarquable de
Malais ou de Cham, demeurés fidèles aux traditions coraniques, dont M. Marcel
Ner ajustement souligné l’importance, dans un article du Bulletin de l’Ecole
Française d’Extrême Orient.
En dehors de ces groupements régnicoles, il
convient de mentionner des populations immigrées, telles que les communautés
musulmanes de Saigon et de Cholon, qui possèdent dans ces villes, deux mosquées,
ainsi que des colonies hindouistes ou sikhs, dont l’existence culturelle est
manifestée par six sanctuaires, dont quatre temples brahmanique. Un autre
groupe important, par le rôle qu’il s’est attribué dans l’activité économique
de la Cochinchine, est celui des Chinois, originaires de Hai-Nam, du Kwang-Tong
ou du Fou-Kien, et groupés en congrégations fortement organisées, celles de
Canton, Akas, Triêu-Châu, Fou-Kien et Hai-Nam. Il importe de lui adjoindre un
élément dont on ne tient ordinairement qu’un compte insuffisant, celui des
Minh-huong, métis sino-annamite, qui constituent des groupements importants à
Cholon, Mytho, Bac-liêu, Sôc-trang, ainsi que sur la côté du Golfe de Siam, de
Hâ-tien à Camau.
Les communautés cambodgiennes de la
Cochinchine représentent environ 350.000 unités, sur une population globale de
4.800.000 habitants. A première vue, cette proportion est relativement faible,
et il ne s’agit pas ici, bien entendu, de sous-estimer l’importance du
peuplement annamite, dans l’ensemble du Delta. L’immigration annamite dans le
Sud, a beau être un fait historique récent, on ne saurait, sans injustice, en
diminuer la portée. Mais l’on doit considérer aussi, les droits des minorités,
surtout lorsque celles-ci représentent des lambeaux d’un peuplement dont on
peut suivre la remarquable continuité, des premiers siècles de l’ère chrétienne
jusqu’à nos jours.
Ces Cambodgiens se rencontrent
principalement au delà du grand Fleuve et du Bassac. Dans la province de
Trà-vinh, ils représentaient en 1937, un groupement compact de 82.000
individus, contre 156.000 Annamites. A Sôc-trang, la proportion était du même
ordre : 50.000 contre 107.000. A Bac-liēu, elle n’était plus que du sixième et
Can-tho, du dixième. Mais, à Rach-gia, elle se relevait au tiers, avec 65.000
unités contre 192.000. Elle était à peu près, du même ordre à Hâ-tiên, petite
province au demeurant de faible population, et à Châu-doc, représentait encore
un quart, avec 40.000 Cambodgiens contre 168.000 Annamites. Si l’on fait
abstration de la province de Trâ-vinh, on constate que dans le seul
Transbassac, la minorité cambodgienne s’élève à 16% de l’ensemble de la
population.
Dans les circonscriptions de Trâ-vinh et de
Sôc-trang, ces autochtones forment des groupes compacts. En 1937, dans la première
de ces deux provinces, l’élément khmer avait conservé une position dominante
dans cinquante villages, et possédait la majorité dans une vingtaine d’autres.
Il était aggloméré autour de 109 pagodes où plus de 1.500 bonzes distribuaient
l’enseignement bouddhique. A Sôc-trang, on ne comptait pas moins de 54 pagodes,
et la personnalité de la race était solidement maintenue par « l’association
pour la formation morale, intellectuelle et physique des Cambodgiens de
Cochinchine, dirigé par M.LAM-EM. Dans les régions intermédiaires du
Transbassac, les villages cambodgiens sont rassemblés autour d’O-mon et
Thô-nôt. A Rach-gia, ils forment des îlots disséminés, dans le Sud et le Nord
du chef-lieu. Mais à Châu-dôc, dansle massif de Triton, ils représentent des
agglomérations compacts, ayant su conserver de fortes traditions.
Des éléments sporadiques se rencontrent,
dans les provinces de Long-xuyên, Vinh-long, Tanan et même Cho-lon, tandis
qu’au delà de Plaine des Joncs, on retrouve des formations plus consistantes,
aux approches du Cambodge, dans la région de Tây-ninh. Les Cambodgiens ont
totalement disparu des provinces centrales, tells que My-tho, Bêntre ou
Gô-cong, ainsi que des vielles provinces de l’Est, comme Bâ-ria, mais on en
compte encore, quelques milliers, dans les provinces de Biên-hoâ et de
Thu-dâu-môt, dernier vestige oriental de leur ancienne expansion.
Si ces populations ont disparu d’une bonne
partie du territoire, le souvenir d’une souveraineté révolue subsiste dans la
toponymie locale. Certains noms de lieux ne sont que la déformation pure et
simple d’anciens vocables cambodgiens. C’est ainsi que, dans Sa-dec, il est
facile de reconnaître Phsar Dek, le « marché du fer », dans Sôc-trang, Srok
Khleang, le « pays des greniers », dans Trâ-ving, Prah Trapeang, le « bassin
sacré », dans Bac-liêu, Pô loeuh, le « haut banian », dans Ca-mau, Tuk Khmau,
les « eaux noires », dans My-tho, mê Sâr, la « dame blanche ».
D’autres sont la tradition annamite d’un
ancien toponyme cambodgien. Ainsi, Bêntre, la « berge des bambous », correspond
à l’ancien à l’ancien Kompong Russey et, dans Bên-nghe, « la berge des bufflons
», ancien nom d’une partie de Saigon, on discerne aisément le vieux Kompong
Krabey. Ailleurs, le terme anciens est devenu méconnaissable, mais il a souvent
persisté dans l’usage populaire, et l’on entend dire Rung Damrey, « l’enclos
des éléphants », pour désigner Tây-ninh, Long Hor, le « devin noyé », pour
Vinnh-long, Meat Chruk, le « groin du porc », pour Châu-dôc, Kramuôn Sâr, la «
cire blanche », pour Rach-gia, Pêam, « l’embouchure », pour Hâ-tiên, et surtout
Prei Norkor, du sanskrit naçara « ville de la forêt », pour désigner
Saigon-Cholon, c’est-à-dire l’ancienne cité khmère qui occupait semble-t-il,
une partie de la Plaine des Tombeaux.
Comme on le voit, ces vocables se
rapportant soit à des ressources naturelles, soit à des traits du paysage, sont
d’une manière générale, assez expressifs. Ils ont été remplacés, surtout pour
désigner les villages, par des termes qui selon l’usage sino-annamite, énoncent
des vœux de prospérité, de bonheur ou de richesse. Notre administration s’est
souvent prêté à ces substitution, surtout lorsqu’elle a procédé à des
regroupements de communes, pour des raisons d’économie ou de commodité. Il est
arrivé que de nouveaux noms annamites n’aient eux-mêmes plus de sens, et que
les éditions successives des cartes du Service Géographique n’arrivent pas à
suivre ces modifications arbitraires de la toponymie. Je connais un village de
la province de Rach-gia où l’ancien nom Ban thach, signifiant « table de pierre
», est devenu Ban tân-Dinh, par fusion des noms des villages de Ban-thach et
Tham-dinh, ce qui représente désormais aucune signification. Or, j’avais été
attiré vers ce village, par cet ancien nom insolite, et ma visite ne fut pas
veine, parce qu’elle aboutit à reconnaître dans la « table de pierre », non pas
un banc de latérite, comme un l’affirmait, mais un important dépôt coquiller,
de plusieurs centaines de mètres de long, marquant un ancien rivage avec deux
buttes en coquilles meubles, mêlés de tessons de poterie, correspondant à ces
amoncellements de débris alimentaires, laissés par des populations primitives,
et que les préhistoriens désignent sous nom de kjokkeenmoddinger.
Cette digression tend à établir que le Delta
de Cochinchine est loin d’être un pays jeune et d’habitat récent, comme
d’aucuns ont cru pouvoir l’affirmer, avec l’autorité des demi-savants. Vous
savez tous, que les chercheurs archéologiques s’appuient souvent sur d’infimes
indices, et s’il m’est permis d’émettre ici, un vœux, c’est que non seulement
tout ce qui subsiste de l’ancienne toponymie soit recueilli, comme le
souhaitait Etienne AYMONIER, il y a quelque soixante ans, mais encore que
l’Administration soit extrêmement circonspecte dans l’attribution de
dénominations nouvelles à des villages, et s’attache à maintenir, là où il
subsiste, le cachet souvent très significatif des noms cambodgiens.
Il est possible que les vestiges
historiques, auxquels je viens de faire allusion, soient les témoins d’une
ancienne expansion de population indonésienne, aujourd’hui refoulées vers les
hauteurs ou les forêts du Nord et de l’Est. Ainsi s’expliqueraient peut-être,
ces curieuses survivances de traditions matriarcales, que je signalais, il y a
quatre ans en Cochinchine, qui s’exprime dans des légendes cambodgiennes et que
l’on trouve travesties, dans certains récits annamites. Quoiqu’il en soit de
ces populations paléo-khmères ou proto-khmères, il est certain que le Cambodge,
dont toute la civilisation ancienne a gravité dans l’orbe de la culture
indienne, a englobé la Cochinchine actuelle, et y a maintenu sa souveraineté
entière, jusqu’au milieu du XVIIe siècle.
Dès le début de l’ère chrétienne, il y eut
en Cochinchine et dans le Sud du Cambodge, un Etat hindouisé, le Fou-Nan des
historiens chinois dont il m’a été permis de retrouver un certain nombre de
sites, dans le Transbassac. Je ne citerai ici que la ville maritime d’Oc-éo,
avec son probable avant-port de Ta Kèo, qui s’étendait au pied de la colline de
Bathé, à vingt-cinq kilomètres du rivage actuel du Golfe du siam. Dans cet
immense emporium de plus de 400 hectares, se coudoyait, semble-t-il une
population cosmopolite, puisque l’on retrouve confondus, des objets marqués
d’influences indonésiennes, indo-môn, indiennes, iraniennes, hellénistiques et
mêmes romains.
L’observation aérienne montre que ces
populations avaient acquis la maîtrise de l’eau par des travaux d’irrigation ou
de drainage et le creusement d’immenses canaux dont on trouve des traces jusque
dans les terres semi-noyées de la Plaine des Joncs. Il y moins de trente ans,
le pays du Transbassac était recouvrir d’une immense forêt et ceux qui
ouvrirent les voies de la colonisation moderne purent entretenir la fatuité de
croire qu’ils étaient les premiers à déchiffrer des espaces vierges. En
réalité, une population dense a vécu autrefois dans ces territoires
semi-aquatiques et une inscription du Ve siècle provenant du centre même de la
Plaine des Jonc, laisse de fortes raisons de penser que cette région,
aujourd’hui presque déserte, fut conquise par l’homme, une première fois, « sur
la boue ».
Il n’entre pas dans mes intentions de
dénombrer ici, toutes les preuves de la continuité du peuplement khmer en
Cochinchine, à travers siècles. Les témoignages découverts, depuis bientôt dix
ans, se comptent maintenant, par centaines. Ce pays fut couvert de sanctuaires
en briques, dont seules les fondations ont généralement subsisté. Il y eut des
foyers bouddhiques, vers le VIe siècle et peut-être auparavant , dans les
provinces de Rach-gia, Trâ-vinh, Bên-tre, au cap St-Jacques et dans la Plaine
des joncs. Les idoles brahmaniques, principalement Visnouites, sont
particulièrement nombreuses, et réparties un peu partout. Mais les cultes
sivaïtes, confondus peut-être avec ceux de divinité territoriales ou d’emblèmes
de la souveraineté politique, sont loin d’être rares, non plus . Des villes
s’élevèrent dans le Delta, comme celle de Prei Nokor à Saigon-Cholon, d’Oc-èo
dans le Transbassac, des Cent Rues, dans la Plaine des Oiseaux, au Nord de
Camau. Au XIe siècle, la souveraineté khmère fut particulièrement affirmée,
dans la région de Sôc-trang, autour du port de Bassac. Deux siècles plus tard,
le témoin d’un établissement hospitalier du grand roi Jayavarman VII, se retrouve
près de Can-tho. Enfin les récits des annales cambodgiennes ou annamites, ainsi
que les écrits des voyageurs et missionnaires, attestent que la domination
khmère se maintien, avec persistance, tant qu’elle put s’affirmer à l’abri du
bouclier que les Chams opposèrent désespérément à l’expansion annamite.
Le Cambodge qui fut un immense empire, se
trouva démantelé dans les derniers siècles, par des rivaux avides de se
partager ses dépouilles, le Siam à l’Ouest, et l’Annam à l’Est. Ses frontières
politiques sont loin de correspondre de nos jours, à l’aire d’expansion de ses
groupements ethniques. Au Siam, si l’on fait abstraction de cette
Alsace-Lorraine, dont la restitution est prochaine, qu’est la région de
Battambang-Sisophon, on compte d’importants noyaux de Cambodgiens, sur le
plateau de Korat, dans les régions de Buriram, Suren, Khukhan, à Prachinburi et
jusqu’aux approches de Bang Kok. Au nombre de 450 000 , ils forment, en quelque
sorte, le répondant occidental de la minorité de Cochinchine, des vestiges de
l’ancienne puissance politique du Cambodge qui, sous le règne de Jayavarman
VII, engloba tout le Siam actuel, y compris une partie de la péninsule malaise,
poussa une pointe en Birmanie et dans le Haut-Laos, s’étendit sur toute la
Cochinchine et, pendant un quart de siècle, se maintint au cœur de l’Annam
actuel , dans la région de Binh-dinh.
L’expansion annamite en Cochinchine
commence à se manifester sous une forme officielle en 1685. Depuis le début du
siècle, ce peuple imprégné de culture culture chinoise, avait rapidement
progressé sur les côtés d’Annam, au détriment de l’ancienne Champa, royaume de
culture indienne, dont la résistance était épuisée. En 1602, les Annamites
avaient atteint Qui-nhon, puis franchi le Varella. En 1655, ils érigeaient en
circonscriptions administratives, les territoires de Nha-trang et de Phan-rang
et, avant même de s’être établis fortement à Phan-thiêt, avaient prononcé leurs
premiers empiétements dans les régions du Dong-nai et Moi-xui, c’est-à-dire de
Biên-hoà et Bà-ria.
Je n’entreprendrai pas ici, de relater dans
le détail, l’histoire de leur progression dans le Delta du Mékong. Qu’il me
soit permis pourtant, de mentionner les principales étapes. En 1698, toute la
région du Dong-nai est annexée et divisée en trois circonscriptions,
correspondant de nos jours, à celles de Biên-hoà, Gia-dinh et Saigon. En 1715,
l’Annam accepte sans vergogne, l’hommage d’un aventurier chinois qui s’était
taillé une principauté de fait, dans la région de Hà-tiên. Tout le XVIIIe
siècle fut occupé à réunir les possessions de l’Est, à ce territoire
occidental. En 1752, les Annamites organisaient à leur profit, la
circonscription de Long-Hor, c’est-à-dire Vinh-long, avec les régions côtières,
jusqu’à Trà-vinh et au Bassac. En 1753, ils absorbaient la région de My-tho,
avec tout le pays situé au Nord du Fleuve Antérieur. En 1757, ils poussaient
une pointe extrême jusqu’à Châu-dôc, opérant ainsi la soudure, entre leurs
acquisitions du Nord, du Sud et de l’Ouest. La rébellion des Tây-son qui, à la
fin du XVIIIe siècle, ensanglanta le pays, pendant vingt-cinq ans, ralentit à
certains égards, les progrès de cette expansion et à d’autres la consolida.
Mais il est remarquable de constater que c’est seulement en 1852, c’est-à-dire
trente ans à peine avant l’expédition franco-espagnole de 1859-1860, que
l’Empereur Minh-Mang organisa les territoires de Cochinchine en
circonscriptions administratives, d’où sont sorties par remaniements, les
provinces actuelles.
Les dates que je viens d’énumérer ne
marquent que la consécration officielle des empiétement annamites. Ceux-ci
furent, à l’origine, le fait d’aventuriers, de vagabonds, d’exilés politiques,
des déserteurs et aussi de non-inscrits, c’est-à-dire de gens qui ne possédant
plus rien dans leur village, se trouvaient exclus de l’organisation communale
et s’en allaient chercher ailleurs, des moyens de subsister. Il y eut ensuit,
des populations transportées, principalement du Quing-binh ou du Binh-dinh.
Enfin, des colonies militaires, dont l’importance semble avoir été notablement
exagérée, contribuèrent à fonder de nouveaux villages, surtout dans les régions
du Centre et de l’Ouest.
La fixation des nouveaux venus trouva des
conditions particulièrement favorables, dans la période de la guerre des
Tây-son, où le souverain d’Annam dépossédé, trouva refuge en Basse-Cochinchine.
A la faveur de cette époque de troubles, les Cambodgiens purent conserver une
bonne part de l’administration officielle et l’on vit même, l’un d’eux adopter
la cause du prince annamite et commander, pour lui, une troupe de partisans. La
politique d’administration à outrance, ne commença guère que sous le règne de
Minh-Mang, après 1820. On remplaça partout les fonctionnaires cambodgiens par
des mandarins annamites et l’on fit pression sur les usages annamites sur les
habitants, pour les contraindre à adopter le costume , la langue et les usages
annamites. A Trâ-vinh, une sanglante révolte éclata en 1822, dont on n’eut pas
aisement raison. C’est alors que s’édifièrent, un peu partout, ces fortins
signalés sur d’anciennes cartes, dont le rôle était de surveiller les
populations cambodgiennes. En 1841, une autre rébellion éclata, dirigée par Sa
Sain, à un moment où l’Annam était en difficulté avec le Siam. Noyée dans le
sang, elle fut le signal d’une lourde politique d’oppression et de spoliations.
Dès cette époque, des Cambodgiens abandonnent le pays pour se réfugier en masse
au Cambodge.
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